Un T-shirt contre la mafia locale
La droiture dont parlait son ex-directeur sportif Lionel Marie se teinte parfois d'indignation. Dans la région d'Orléans, où il habite aujourd'hui avec sa copine Elisabeth, coureur classée en nationale, Kilian se souvient de ses luttes contre la maffia locale. Rouleur increvable et rapide au sprint, il dit toute sa colère contre les arrangements et les combines du milieu amateur.
«Quand je remportais certaines courses, je mettais un T-shirt avec écrit dessus : « Encore une que la mafia n'aura pas ! » Ça leur faisait les pieds !» Pour plaisanter avec ses coéquipiers et ses «vrais amis dans le vélo» (Fabien Fleury, Saül Raisin, Geoffroy Lequatre).
Son directeur sportif en larmes après Bruxelles-Zepperen :
A l'entraînement, les Patour père et fils sprintent l'un contre l'autre malgré les trente ans qui les séparent. «Il n'y a pas si longtemps, «il» arrivait encore à me battre», s'amuse Kilian. «Il pense aussi que je ne m'entraîne pas assez et que je devrais davantage rouler en montagne». Qu'à cela ne tienne. Le futur pro au Crédit Agricole (à ce moment il était espoir) va s'échapper en 2003 sur la dernière étape de la très exigeante Ronde de l'Isard.
Au printemps de la même année, un déclic s'est produit sur Bruxelles-Zepperen, cette classique enlevée au nez et à la barbe des meilleurs flandriens. Ça sent déjà Roubaix... Kilian Patour se souvient très ému de sa victoire. «A l'approche de l'arrivée, Lionel est monté à ma hauteur et m'a crié : «Kiki, c'est toi le plus fort aujourd'hui !» Tous les autres qui roulent avec toi dans les échappée ne sont que des figurants !» Quand j'ai levé les bras sur la ligne, il s'est jeté sur moi en pleurant.»
Un dur, ça peut frissonner en se remémorant des scènes aussi intenses.